Mouha Ou Hammou Zayani

avril 27, 2008 by hadraj

  Mouha Ou Hammou Zayani                       

                                                                        موحى احمو الزياني                   

Contexte Historique 

1415 Les Portugais prennent Ceuta (côte marocaine)
 
1433 Le cap Bojador, face aux Canaries, est doublé par Gil Eannes
 
1440  Henri le Navigateur établit un fort portugais sur le Rio de Oro
 
1441  Capture de dix indigènes près du cap Bojador  par Antam Goncalves, navigateur portugais : date considérée comme le début de la traite des esclaves
 
1444 Denis Dias double le cap Vert
 
1494 Traité de Tordesillas dédiant, sur la route des Indes, l’Afrique au Portugal
 
1514 Occupation espagnole d’Alger (1514-1516)
 
1517 Invasion ottomane de l’Egypte
 
1519 Premier tour du monde commencé par Ferdinand Magellan et achevé par Sébastien del Cano (1519-1522)
 
1520 Les comptoirs pour la traite des esclaves prennent nettement le pas sur les autres activités marchandes
 
1550 Publication de La description de l’Afrique, par Léon l’Africain
 
1551 Conquête de Tripoli par les Ottomans
 
1552 Fondation des comptoirs du Bastion-de-France (Bône, La Calle, Bastion-de-France, le Cap rose) par la Compagnie du Corail de Marseille sur la côte est algérienne
 
1574 Conquête ottomane de Tunis sur les Espagnols
 
1619  Premiers esclaves africains vendus à Jamestown en Virginie
 
1635 Richelieu répartit le commerce de la côte d’Afrique entre plusieurs compagnies à privilège
 
1660 Fondation de la Royal Society de Londres
 
1669 Formation de premières troupes d’infanterie de marine à l’initiative de Colbert
 
1703 Fondation de la congrégation du Saint-Esprit (les spiritains), évangélisateurs en Afrique noire
 
1735 Parution des Mémoires du chevalier d’Arvieux, envoyé du roi à la Porte
 
1741 Fondation de la Compagnie royale d’Afrique qui détient le monopole du commerce avec les Barbaresques (1741-1791)
 
1746 Publication de l’Histoire générale des voyages, ou Nouvelle Collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre qui ont été publiées jusqu’à présent dans les différentes langues, par l’abbé Prévost en 80 volumes (1746-1789)
 
1780 Publication de l’Abrégé de l’histoire générale des voyages en 23 volumes, par La Harpe
 
1787 Publication du Voyage en Syrie et en Egypte, par Volney
 
1794 Abolition de l’esclavage par la Convention
 
1798 Napoléon débarque en Egypte
 
1802 Paix d’Amiens : l’Egypte est rendue à l’Empire ottoman
 
1806 Les Anglais s’emparent des établissements hollandais et français
 
1807 La traite des Noirs est prohibée par le Parlement britannique
 
1809 Parution de la première édition de la Description de l’Egypte en 12 volumes (édition Jomard)
 
1814 Parution des Voyages d’Ali Bey el Abbassi en Afrique.
 
1820 Découverte de la quinine par Pelletier et Caventou
 
1821 Fondation de la Société de Géographie de France
 
1824 Fondation à Paris de la Société des Missions évangéliques
 
1827 Incident du coup d’éventail du dey d’Alger, au consul de France
 
1829 Parution des Lettres écrites d’Egypte et de Nubie, par Champollion
 
1830 Débarquement français en Algérie et capitulation d’Alger
 
1831 Fondation de la Légion étrangère
 
1833 Poursuite de la conquête de l’Algérie : occupation de Bône, de Bougie et de Mostaganem
Abolition de l’esclavage dans les colonies anglaises
 
1834 Traité Desmichels : Abd el-Kader reconnu souverain indépendant de la province d’Oran
Création d’un gouvernement général des possessions françaises dans le nord de l’Afrique
 
1836 Poursuite de la conquête de l’Algérie: prise de Tlemcen, de Medea, échec de Clauzel devant Constantine
 
1838  Abolition de l’esclavage dans l’empire britannique
 
1839 Reprise de la lutte contre Abd el-Kader : massacre de la Mitidja
 
1840 Traité de Londres réglant sans la France le différend turco-égyptien : Mehemet Ali abandonne la Syrie et ses conquêtes mais l’Egypte et le Soudan lui sont acquis
Bugeaud gouverneur de l’Algérie (1840-1847)
Protectorat français sur l’Oued-Noun (Maroc)
 
1841 Parution de l’Histoire de l’Afrique sous la dynastie des Aghlabites, texte arabe d’Ibn-Khaldoun traduit par Noël Desvergers ; De la colonisation de l’Algérie, de Prosper Enfantin
 
1844 Bugeaud bat les Marocains alliés à Abd el-Kader à l’Isly
 
1845 Publication des Français en Algérie, souvenirs d’un voyage fait en 1841, par Louis Veuillot
 
1846 Essai de collectivisme agraire à Saint-Denis du Sig (Algérie) : concession d’inspiration à la fois saint-simonienne et fouriériste (1846-1853)
 
1848 Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises
 
1849 Soumission de l’Aurès
 
1852 Randon gouverneur général de l’Algérie (1852-1858)
Soumission des oasis du sud algérien
 
1854 Faidherbe nommé gouverneur du Sénégal (1854-1865)
Parution du Nil, Egypte et Nubie, par Maxime du Camp
 
1856 Fondation à Lyon de la Société des Missions africaines
 
1857 Soumission de la Kabylie par le général Randon
 
1858 Création d’un ministère de l’Algérie et des Colonies (1858-1860)
 
1860 Voyage de Napoléon III en Algérie
Création des Bataillons d’Afrique
Début de publication de la revue “Le tour du monde” (1860-1914)
 
1862 Chemin de fer Alger-Blida
H. Duvergier explore le Tassili, le Fezzan et le Hoggar (1862-1865)
 
1863 Fin de la traite européenne des esclaves (fin de la guerre de Sécession)
 
1864 Mac-Mahon gouverneur général de l’Algérie
 
1865 Fondation de la Société générale algérienne à l’initiative de Napoléon III et du saint-simonien Talabot
 
1866 Alger devient archevêché catholique
 
1867 Charles Lavigerie archevêque d’Alger (1867-1892)
 
1868 Fondation de l’ordre des Pères blancs
 
1869 Ouverture du canal de Suez
 
1870 Décrets Crémieux : administration civile de l’Algérie et naturalisation automatique des Israélites
Chemin de fer Philippeville-Constantine
 
1874 Fondation à Bordeaux de la Société de géographie commerciale
Le régime de l’indigénat est expérimenté en Algérie (1874-1928) puis progressivement étendu à l’ensemble des colonies
Projet de mer saharienne du Français Roudaire (1874-1876)
Publication de De la colonisation chez les peuples modernes, de Paul Leroy-Beaulieu
 
1876 Fondation de la Société de géographie de Marseille. Ouverture de la Conférence de géographie de Bruxelles (Allemagne, Autriche-Hongrie, France, Italie, Russie), visant à l’échange d’informations géographiques entre puissances coloniales ; déclarations officielles sur la mission civilisatrice de la colonisation (lutte contre la traite des esclaves …)
 
1878 Condominium franco-anglais sur l’Egypte
 
1880 Extension de la vigne en Algérie
 
1881 Traité du Bardo : la France établit son protectorat sur la Tunisie (1881-1956)
Massacre de la mission Flatters chargée du repérage du tracé du chemin de fer transsaharien
Des Voyages et découvertes de Paul Soleillet dans le Sahara et dans le Soudan en vue d’un projet d’un chemin de fer transsaharien
 
1882 Occupation anglaise de l’Egypte
 
1883 Charles de Foucault parcourt le Maroc (1883-1884)
 
1886 Création du corps des administrateurs coloniaux
 
1889 Création en France de l’Ecole coloniale
 
1891 Jules Cambon gouverneur général de l’Algérie (1891-1897)
 
1894 Création en France du ministère des Colonies
 
1898 Mise en place des Délégations financières algériennes (1898-1942)
 
1899 Fondation de l’Office colonial, destiné aux candidats à l’Outremer
 
1902 Formation des Territoires du Sud (Sahara algérien)
Mission Coppolani en Mauritanie, annexion des sultanat des Trarza et des Brakna, et fondation de Nouakchott
 
1903 Fondation de Colomb-Béchar (Algérie)
 
1904 Protocole d’accord franco-espagnol sur le Maroc
La Mauritanie territoire civil de l’AOF
 
1905 Visite de Guillaume II au Maroc dite Coup de Tanger ; il prononce un discours dénonçant les visées de la France
Charles de Foucault ermite à Tamanrasset 
 
1906 Création de l’Institut colonial de Marseille
Conférence d’Algésiras : le Maroc est placé sous contrôle international (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie) mais la prépondérance de la France est reconnue
1907 debut de la campagne du Maroc 
1907 Occupation d’Oujda et de Casablanca (Maroc) par les troupes françaises, malgré les protestations allemandes et anglaises
Gouraud achève la pacification de la Mauritanie (1907-1909)
 
1908 Fondation culturelle et artistique de la Villa Abd el Tif (Algérie)
Gouraud conquiert l’Adrar mauritanien
 
1911 Envoi de la canonnière Panther devant Agadir “pour assurer la sécurité des colons allemands” et défendre leurs intérêts économiques, après l’échec de l’accord de 1909
Règlement du différend franco-allemand : l’Allemagne reconnaît les droits français sur le Maroc en échange du bassin de la Sanga, affluent du Congo
 
1912 Traité de Fès : Lyautey nommé résident général (1912-1925) du nouveau protectorat du Maroc (1912-1956)
Mission Nieger en vue d’un chemin de fer transsaharien
 
1920 Création de l’institut colonial français et de son organe : “La chronique coloniale”
Reprise des campagnes française au Maroc (1920-1934), guerre du Rif (1920-1926)
Création de la colonie de Mauritanie 


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*Introduction Générale
*Le début du projet impérialiste.

Après la découverte de l’Amérique au XIV Siècle l’appétit des pays européens ne cesse de s’accroître. Le Maroc jadis puissant et indépendant, fit l’objet de nombreuses convoitises  par la sa position stratégique et la richesse de son sol, la gourmandise des pays européens frôla l’affrontement particulièrement celle du Portugal, de l’Espagne, de la France,de l’Angleterre et du Reich de guillaume II  etc:(1828-1830 : Une crise grave éclate à propos de la persistance de la course entre le Maroc d’une part, l’Angleterre et l’Autriche d’autre part. Les puissances européennes ne sont plus disposées à supporter l’insécurité engendrée par les corsaires thèse alimentée par une large information par des organismes pro colonialistes.

*Sous la 3ième république, Jules Ferry n’a pas caché ses intentions racistes envers d’autres peuples lors de son intervention au sénat le 28 juillet 1885 où il déclare ouvertement :<< Les supérieurs ont le droit sur les inférieurs>>.

*Le parti colonial ou colonialiste fondé en 1890  par D’Arenberg , qui joua un rôle non négligeable surtout dans le développement de l’information et de propagande,  les but affichés sont :recueillir les fonds  nécessaires pour  divers missions, explorations, études, recherches etc…ce parti colonial rassemblait divers formation de la société française (banquiers, officiers, écrivains, syndicalistes, députés.

Après le règlement de leurs contentieux, le gâteau marocain  revient à l’Espagne et la France. Le Maroc cédera de son autorité en signant une série de conventions, au profit des colonialistes, qui aboutiront au rétrécissement de l’indépendance du Maroc. Il faut noter que la colonisation du Maroc est très particulière comparativement aux autres pays colonisés,  d’ailleurs, le Maroc était sous le protectorat, et la France n’a pas pu y séjourner longtemps.

La colonisation du Maroc fut lente et progressive, elle débuta effectivement en:

*1823 : Signature d’une convention commerciale avec le Portugal, suivie d’accords comparables avec l’Angleterre en 1824, avec la France et le Piémont en 1825. Pour écarter toute ingérence du Makhzen en Algérie, des négociation seront entamés garantissant la neutralité marocaine, cette mission fut conduite en 1932 par le comte de Mornay, dont fait partie le peintre Eugène Delacroix.

1884 fut l’année ou la France engagea ses hostilités envers le Maroc suite à l’incident de Lalla Maghnia qui déclenchera l’occupation de d’Oujda, d’Essaouira et le bombardement de Tanger à l’initiative du  Prince de Joinville.

Mais la défaite marocaine à la bataille d’Isly marquera le déclin du Maroc malgré les accords du 10 septembre mettant fin aux hostilités.

18 mars 1845 : Traité de Lalla Maghnia qui fixe la frontière algéro-marocaine.La France se voit reconnaître un droit de suite au Maroc ce qui permettra à la France d’une part de s’établir en Algerie comme base arrière  , d’autre part d’attaquer le Maroc confortablement puisque tous les ingrédients de la faiblesse du Makhzen y sont présents.

*La conférence de Madrid (1880):

*La conférence de Madrid ouverte en mai sur les privilèges capitulaires des Européens au Maroc se termine par la confirmation de privilèges définis par la [[convention Béclard]] : maintien du droit de protection et exemptions d’impôts pour les ressortissants et ‘protégés des puissances étrangères’ et généralisation de la clause de la nation la plus favorisée. Cette convention sera donc une plate-forme aux manœuvres politiques et économiques en vers le Maroc jusqu’alors indépendant. On notera que la capitale diplomatique du sultan sera la ville de Tanger.

*Une campagne médiatique de grande envergure contre le Maroc sera orchestrée depuis Tanger par une élite juive marocaine et européennes connaissant bien les rouages de la société marocaine, ces élites auront le privilège de bénéficier de la protection des pays coloniaux et d’opérer positivement pour le compte des pays coloniaux.

Par le biais des journaux édités à Tanger et Tetouan, l’esprit colonialiste mobilise une propagande farouche désignant le Maroc de pays primitif habité par les pirates, obligeant le sultan  d’ entreprendre des réformes qui engageront le Maroc dans le progrès à l’instar de l’europe, au nom de la civilisation (1883-1900), outre l’implication de tout un système complexe de propagande mené par : l’alliance française, missions médicales, missions chrétiennes (ordre :la Mission Franciscaine, évangéliste), franc maçonnerie, capitalistes influents, qui à la fin du XIXe siècle, les Européens décident de coloniser l’Afrique pour écouler leur surproduction). Ils se heurteront à la résistance des chefs locaux tel Mouha ou Hammou Zayani à Khénifra, Abdelkrim El Kahttabi au Rif et les frères Basslam des Ait Atta .En 1902, la France avait commencé à prendre pied au Maroc. En 1911, des circonstances favorables permirent tout d’abord une intervention militaire. En mai 1911, le sultan Moulay Hafid, qui avait détrôné son frère, le sultan Moulay Abdel Aziz, fut assiégé à Fes par les tribus Amazighes rebelles. Il fit alors appel à la France, dont une colonne, commandée par le général Moinier, qui dégagea sa capitale Fes qui subi les attaques des tribu avoisinant Fes et Meknes.,c’est pour cette raison que le général Lyautey opte pour Rabat comme nouvelle Capitale du Maroc. En février 1912, toutes les banques du consortium (ce consortium monopolisera l’économie du pays), sous l’égide de la banque de Paris et des Pays-Bas, fondaient la Compagnie générale du Maroc pour la mise en valeur du pays. Le 30 mars, Regnault, le ministre de France à Tanger, qui avait été le représentant en 1905 du syndicat des porteurs français de la dette, imposa à Moulay Hafid, malgré son refus, le traité de Fes qui fut signé, établissant le protectorat de la république française sur le Maroc (30 mars 1912). Cette date fait entrer le Maroc dans une mutation politico-sociale radicale. Sous le régne du sultan Moulay Youssef  (1912-1927), la résistance marocaine contre les français et les espagnoles était remarquable et inquiétante pour les colonisateurs, mais elle n’a pas atteint son objectif,car les guerriers n’ont pas eu de vision stratégique unifiée dans le cadre nationale .Le caractère sporadique des interventions menées par divers opposants ,qui n’ont pas arrivés à unifier leurs efforts et ce par manque de maturité politique,le facteur régional l’empota sur le national ce qui facilitera la tâche aux colonisateur d’obtenir la soumission des tribus l’une après l’autre ,après un massacre de la population par l’emploi d’armements de destruction massive (cas des rifains de Abdelkrim El Khattabi).Personnage de Mouha ou Hammou Zayani(AZAÏI)
Mouha ou Hammou Zayani (AZAII)

Le personnage de Mouha ou Hammou ne peut être traiter en dehors du contexte historique du XIX Siècle et le rôle des puissances coloniales (espagnole , portugaise,anglaise,française ,du Reich, Italie….),qu’elles ont jouées à faire du Maroc un lieu de règlement de leurs comptes à titre d’exemple la crise marocaine Le 31 mars 1905 Guillaume II soutint le Maroc contre la France à Tanger, en 1906  La Prusse bombarde la ville d’Agadir. 16 janvier au 7 avril :La conférence internationale d’Algésiras sur le Maroc est un succès pour la France et démontre l’isolement diplomatique de l’Allemagne. Selon les déclaration du général Ditte, qui impose , alors à Paris une décision audacieuse : « Je donnerai tout ce que l’on me demandera et je garderai ici tout le Maroc conquis (…) comme un réservoir où je puiserai pour alimenter sans cesse nos forces en Europe (…) » Issu d’une famille envoyée par le sultan My Sliman ben Mohammed ben Abdellah ben Ismail en 1791,parmi les 4215 soldats pour soumettre les tribus d’Ichkirne (Elkbab) et d’Ait Soukhmane (Aghbalou) influencés par l’idiologie maraboutique de Sidi Ali Amhaouche,secte hostile à l’autorité du Makhzen (de tendence wahabiste :Sounite salafite),ses tribus ont un mauvais passé avec le sultan My Sliman connu pour sa fermeté contre les zaouias , il subit une défaite en 1818 au moyen atlas.

Son nom Mouha ou Said dit Mohammed ou Hammou ben Akka ben Ahmed surnommé ‘Amahzoune ben Moussa’ , il fut nommé Caid sur les Zayanes par le sultan Hassan I en 1877.selon le bibliographe Ahmed Al Mansouri (natif de Khénifra en 1897, originaire des Idrissides de Meknes , de formation Quaraouite et disciple du sophiste Abou Chouaïb Eddoukali qui avait même rencontré Mouha Ou Hammou Ezzayani) ; dans son manuscrit (كباء العنبر من عظماء زيان وأطلس البربر) :  qui le décrit comme grand leader charismatique, miltaire et politique, nommé l’invisible, il avait été obstacle pour la mainmise coloniale sur le haut et le moyen Atlas, malgré divers promesses prodigieuses proposées, par le chef militaire de la région de Meknes Henry’s, qui avait envoyé le caid Driss Ourahou Lamtiri d’El Hajeb en tant qu’émissaire pour gagner l’estime de Mouha ou Hammou ,déjà Lyautey avait échoué de le convaincre  à se soumettre par l’intermédiaire des personnalités influentes au sein du Makhzen en particulier le premier ministre Driss El Boukili et le Pacha de Boujaad Hadj Driss Cherkaoui. Mouha Ou Hammou refusa tout compromis et choisit de continuer la lutte armée, contraint de quitter la Ksbah (aujourd’hui défigurée) de Khénifra et d’Adekhssal pour se réfugier dans les montagnes où il mena des opérations de guérilla sporadiques d’usures sans impact militaire sur les légionnaires de Charles Mangin, jusqu’à sa mort suspecte , à 30 km de khénifra à Tamallakt  le 27 mars 1921, (surnommé Amahzoune en raison des   longue chevelure ). Mouha ou Hammou succéda ses prédécesseurs pour continuer sa domination sur la tribu des Zayanes au XIXe siècle, en tant que représentant du sultan My Hassan I, dans le but de pacifier les tribus berbères rebelles  qui ne semble pas totalement islamisées : selon (E. Michaux Bellaire) les berbères  étaient des primitifs  dont la croyance était  un mélange de coutumes orffières ,animistes et panthéistes, l’Islam constituait une croûte superficielle facile à déraciner et prêt à s’intégrer dans le nouvel ordre européen : il s’agit donc là d’une vision colonialiste visant à distinguer les communautés berbères de celle des arabes , projet  de christianisation des berbères annoncé fort longtemps par l’église. C’est dans cette perspective  que le leader Mouha Ou  Hammou  immobilisa le contengent zayane à confronter  les Iroumines , en vue de faire obstacle aux menaces de christianisation des berbères par le biais d’espions (service des affaires indigènes) , d’orientalistes toute discipline confondue et d’expéditeurs exemple à citer le père Charles de Foucauld (1858-1916) connu pour ses travaux d’une utilité extrême, qui serviront de base pour la conquête du Maroc, même des peintres comme Ankarcrona Henrik August, Ce peintre fut auparavant colonel dans l’armée suédoise puis entra au service de la France,et fit la campagne du Maroc en 1859. L’année suivante, il servit l’armée espagnole. Toutes ces travaux marqueront la phase préparant la colonisation du Maroc au XIXe siècle. Profitant de la faiblesse de l’autorité du Makhzen des sultans My Abdelaziz (1878-1943), et Moulay Hafid (1873-1937), et celle du climat politico-social qui y régnait (Siba), la France commença à exécuter le scénario colonialiste de René de Ségonzac et du général Bugaud en bafouant toutes les clauses du traité de 1845 signés avec le Makhzen (selon les notes confidentielles du 18/12/1898).

Mouha ou Hammou remplaça son frère à l’âge de 20 ans à la tête des tribus Zayanes à la place de son frère en 1883, il s’est imposé en tant  que chef guerrier incontestable en 1905, sa popularité ne cesse de s’affirmer en dehors de Khénifra, est sera nommé caid par le Sultan Alaouite Moulay El Hassan I en 1886. Sa renommée a eu écho dans toute la région Meknes , de la Chaouia,et de Tadla.

Figure légendaire et énigmatique de l’histoire de Khénifra et du Maroc, Mouha ou Hammou se sent humilié par le traité d’Algesiras (1906) reconnaissant aux français le droit d’intervenir au Maroc, dans le cadre du programme dit: la pacification du pays (œuvre du Maréchal Lautey), régi par l’anarchie. Après l’occupation d’Oujda et de Casablanca en (1907). Mouha Ou Hammou Zayani engage les zayanes d’intervenir au côté des Chaouias dans la bataille de Mediouna en (1908). Le contingent des Zayanes intervient avec l’aide de Mohand N’hamoucha Caid des Beni M’tir à Fes contre le mouvement français en (1911) sous le commandement de Moinier. Après le signature du protectorat, Mouha Ou Hammou continue sa lutte sans répit, après la mort suspecte du sultan My Hassan I,il organise des interventions en dehors de la tutelle du Makhzen qui à ses yeux  il s’agit d’un jeu politique orchestré par le puissant chambellan Ahmed Ben Moussa dit: Bahmad,qui cachera la mort de Moulay Slimane (1894)et organisa la Bayaâ sans le consentement des Oulémas de Fes,pour éviter toute confrontation avec ses opposants,il quitta Fes pour Marrakech et dirigea le pays avec tyrannie jusqu’à sa mort en 1900,le sultan Moulay Abdeaziz se trouva face à un pays en ruine se qui rendra sa tâche de gouverner très délicate dans un milieu politique confiné,il perd alors sa popularité,l’image du sultan se ternît surtout  après la ratification du traité d’Algésiras. Plusieurs foyers insurrectionnels éclatèrent dans le pays, suite à des réformes fiscales suggérées par ses conseillés notamment celles de fameux anglais Mac Lean qui institua l’impôt sur les biens agricoles “”le Tartib”". La situation socio-politique se dégrade en faveur de  la France.

Mouha ou Hammou opta  pour la rébellion en dehors de la tutelle du M akhzen et participa activement au coté des rebelles aux confins de Khénifra jusqu’ a Mediona près de Casablanca, mais toutes ses interventions n’ont pas été fructueuses,il s’est avéré que certaines Zaouias ont portés leur soutient discret au colonisateur,ce qui explique la défaite de Mouha ou Hammou, suite aux soumissions de certaines tribus habitant les plaines marocaines. son projet anti-colonialiste s’est volatilisé.

*les interventions de Mouha ou Hammou
*1.En Chaouia 1908

*2.contre le colonel Mangin (surnommé le boucher) à Oued Zem (1913)

*3.contre le comandant Aubert à Tadla (1913)

*4.contre Duverdier 13 novembre 1914

Ces batailles se déroulèrent avant la prise de Khénifra en (1914) par Berger, qui sera marquée par la bataille d’Elhri le 13 novembre 1914 où la colonne française (1273 miltaires) sous le commandement de l’officier Laverdure ,qui lança son opération suicidaire,c’était un fiasco stratégique, l’assaut fut pris imprudemment par Laverdure. Cette bataille précéda l’intervention  féroce des colons français à l’aube du 13/11/1914, ce fut une surprise inattendue pour Mouha Ou Hammou, la revanche contre l’assaillant ne tardera pas à prendre effet et riposter immédiatement avec l’aide des berbères confédérés (toutes tribus confondues). Des milliers de cavaliers faiblement armés s’opposèrent farouchement malgré l’avantage technologique des légionnaires : déploiement de canons, de fusils mitrailleurs. La mort des envahisseurs était au rendez-vous, selon la littérature française plus de 600 morts. Du côté des Amazighes on ignore le nombre des martyrs, selon des témoins il y avait une dizaine de morts dans chaque tribu. La participation massive des confédérations Amazighes unies autour d’un seul leader en la personne de Mouha ou Hammou se réalise pour la première fois. On notera que les services secrets du Reich Prussien de Guillaume II sont présents aux côtés des marocains , avec la bénédiction du sultan; rivalité coloniale oblige (La crise franco-allemande pour la domination du Maroc), ils opéraient à partir de Tanger, qui représentait à cette époque un nid pour les espions toute discipline confondue.

Malgré cette résistance, Khénifra sera définitivement sous les bottes du colonialiste déguisé en pacificateur. L’intrigue française prend effet : par la division des Zayanis, d’une part les pro-colonialistes au sein même de la famille de Mouha ou Hammou, son fils Hassan est nommé Pacha sur les Zayanes après sa soumission au général Poymireau (02/06/1920), d’autre part les anti-colonialistes, qui seront contraints de quitter les territoires conquis, pour continuer le combat à Tazagzaout (Tazizawt) dernier bastion de la rébellion berbère (1932)

Conclusion

*Les interventions du leader des Zayanes n’ont jamais constitué une vrai menace aux troupes coloniales, malgré sa participation au côté de ses alliés tel Mouha ou Said à Elkssiba. Les Zayanis ont été pris en tenaille par l’avancée des troupes stationnées à Tadla et à Boujaad et les troupes venues de Taza sous le commandement du général Baumgartner,cette opération s’inscrit dans la cadre stratégique de jonction des deux Maroc:le nord et le sud . Après la soumission de la plupart des tribus limitrophes du pays Zayane ;Mouha ou Hammou s’isola dans les montagnes sans approvisionnement en nourriture et en arme jusqu’au moment opportun (1920),où la prise de Khénifra sera définitive après un massacre des populations par l’aviation coloniale  malgré le soutient des allemands et des espagnoles qui cessera en 1917.Quoi qu’il en soit la France n’a pu soumettre la totalité du territoire jusqu’en 1934 à Bougafer dernier bastion de la rébellion Amazigh.

La résistance des Ait Atta menée par les frères Basslam a résisté pendant deux mois contre l’armée française, sous le commandement du général Huré qui décida de mettre fin à la question de Sargho,les Ait Atta subirent un massacre par encerclement, pilonnage, bombardement par l’aviation basée à Ouarzazate,le 25 mars 1933 Assou ou Basslam capitule, malgré la supériorité militaire des légionnaires, la France avait subi de lourdes pertes,  l’invincible Henry de Bournazel y trouva la mort chez les AIT ATTA.

4 Bibliographie

• F. Berger: “Moha ou Hammou le zaiani, un royaume berbère contemporain au Maroc”, édition de L’Atlas, Marrakech, 1929

• Abelhaq Elmrini: “L’armée marocaine à travers l’histoire”

• Charles de Foucauld : “Reconnaissance au Maroc”, accessible sur Gallica

Ch. Ageron, «La politique berbère de Protectorat marocain de 1913 à 1914 », Revue d’histoire  moderne  et  contemporaine,  T. XVIII,  janvier – mars, 1971. p. 62.

•H. Basset, «Recherche sur la religion berbère », Revue d’histoire des missions, vol. LXL, p.330.      
 •E. Michaux-Bellaire, Revue du monde musulman, 1909, T. IX, p. 3.   

* Notes et références.

 Image: copyright Butler extraite du site  :                                  

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mars 27, 2008 by hadraj

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